LE TEMPS D‘UNE HISTOIRE


Une valise posée à même le sol, des questions suspendues et puis une attente…de courte durée  puisque déjà arrive les premiers curieux, flot bigarré de femmes d’hommes et d’enfants observant parfois à la dérobée avant de venir demander…ce qu’il y a à vendre !


Premiers échanges, caméra qui va de droite à gauche en quête de témoignages, très vite c’est un bourdonnements joyeux  de récits, de rires un peu gênés d’abord de livrer de si petites choses du quotidien. Par exemple sur un papier il est écrit : « Comment prépare on le thé chez vous ? » Question simple qui surprend un peu par son apparente banalité.


Un couple d’Afrique du nord me lance presque au passage : « Alors  il faut prendre une pincée de thé vert, quelques feuilles de menthe fraîche et tu laisses  3-4 min, pas plus » La phrase est arrêtée d’un geste expert de la main. A côté, l’homme confirme de la tête en souriant.


Une femme, pendant que les 2 adolescentes qui l ‘accompagne discute longuement sur le choix d’un papier : « Je prends des thés japonais… »-elle cherche ses mots peut être un nom, une marque, semble chercher appui sur les 2 adolescentes absorbées par leur recherche de BON papier, puis -« …du thé à la turc, dans le samovar. » Suit une description de la préparation en réponse à ma demande d’éclaircissements. J’apprend qu’elle est originaire du Chili, a fuit la dictature dans les années 70…Et moi qu’il l’ai cru Turque durant un instant !


Un jeune homme avec une femme plus âgée qui se tient à lui m’aborde et me questionne sur le projet, il cherche ses mots commence en français, termine en Italien et je comprend qu’il est lui même arrivé enfant d’ Albanie  en France sous un camion…Je lui montre le livre de Marine Vassort puis devant son insistance dont je ne parviens pas vraiment à comprendre le sens il repars enfin avec les coordonnées de Sabine et la certitude de pouvoir appeler dés le lendemain…Trouble de ma part et sentiment de ne pas pouvoir faire ce qu’il faut.


Ensuite ce sont 2 enfants encore sur leurs vélos qui me demande de lire leurs papiers :

Sur l’un il y a le mot Satin (qui vient de l’arabe) qu’il ne comprend pas. Je lui explique et il me parle  des robes de mariées et du couscous royal qu’il a vu au mariage de son cousin à l’ Estaque, l’Algérie dans toutes ses couleurs !

Sur l’autre papier il y a une question qui laisse l’enfant perplexe : « Et vous, vous sentez vous chez vous ici ? » Le fait d’être né et d’avoir grandi à Marseille le fait se définir comme Marseillais avant tout et il ne comprend pas. Je lui explique ce sentiment que l’on peut ressentir de ne pas appartenir à un pays et il acquiesce en citant le cas d’ »un ami qui vient du Sénégal, mange tout le temps du poisson et se plaint que rien n’est bien ici ! »


Le Happening se termine par une nuée d’enfants gitans  très intéressés par les morceaux de sucre roux. Certains en profite pour raconter une partie de leur histoire et contester l’origine arabe  de certains denrées contenus encore dans la valise ! Approbation du père qui rit.


Quelle aventure en l’espace d’une heure  et d’un morceau de trottoir avec une valise et des mots dedans !


Laurianne Gobillard  9/07

MARSEILLE 2007 

Mots sans papiers

Utensilien


1 Laken

1 Koffer (enthielt Dinge, deren Namen arabischen Ursprungs sind)

1 Bügel, an dem Zettel mit Schnur befestigt waren, auf denen Sätze und Fragen der Workshopteilnehmer standen.

Teilnehmer: um die zehn deutsche und französische Jugendliche und über fünfzig Passanten und Einwohner des Viertels.


Dauer: 1 Stunde

  1. Ustensiles


  2. 1 drap

  3. 1 valise (avec des objets portant des noms d‘origine arabe)

  4. 1 cintre auquel ont été accroché des feuilles de papier, avec de petites phrases ou des questions.

  5. Participants: une dizaine de jeunes français et allemands et une cinquantaine d‘habitants du quartier.


  6. Durée : 1 heure